Les 4 hormones du bonheur : Cro-Magnon et l’importance du lien social

Les 4 hormones du bonheur : Cro-Magnon et l’importance du lien social

15 juin 2018 0 Par Mehdi

Le lien social est pri­mor­dial à notre bon­heur. Mais pourquoi est-ce que bien com­mu­ni­quer est si impor­tant pour notre développe­ment per­son­nel, notre épanouisse­ment et notre san­té ? D’où ça vient ? Aujourd’hui, nous allons par­tir à la décou­verte des hor­mones du bon­heur. Pour com­mencer, je vous emmène en 40.000 avant JC, dans la savane africaine.

John (ouais, ils avaient déjà des prénoms cool à l’époque) n’est pas le plus rapi­de ni le plus fort des ani­maux de la région, mais cet homo-sapi­ens a d’autres choses pour lui : l’endurance, l’objectif de ramen­er quelque chose de la chas­se. Il a aus­si cette envie d’épa­ter la tribu avec sa prise du jour, et le désir de retrou­ver sa femme Bertha (cer­tains par­ents de l’époque mer­daient déjà sur les prénoms “cool”) et ses enfants. Ce sont ces fac­ultés qui vont lui per­me­t­tre de ramen­er une bonne pièce de boeuf préhis­torique à sa tribu (par­don­nez mon manque de com­pé­tence en zoolo­gie néan­derthali­enne).

Les hormones du bonheur

Les fac­ultés de John (endurance, envie d’atteindre l’objectif fixé, besoins de recon­nais­sance sociale et de lien social) sont le résul­tat de la sécré­tion de qua­tre hor­mones : le cock­tail mag­ique EDSO (Endor­phine, Dopamine, Séro­to­nine et Ocy­tocine). Je les appelle les 4 mous­que­taires, les hor­mones du bon­heur.

Depuis que l’Homme existe, nos sen­ti­ments tels que le bon­heur, la fierté, la joie, l’amour, l’accomplissement, la peur, le stress sont tous pro­duits chim­ique­ment dans notre corps. Et ceci dans un but unique : la survie de l’espèce. L’Homme est un ani­mal social et cette socia­bil­ité est ce qui en a fait l’espèce dom­i­nante sur la planète. Tout intel­li­gent que l’Homme puisse être, la décou­verte des out­ils ou la maitrise du feu ne nous auraient pas amenés à l’Iphone de Steve Jobs sans lien social ni com­mu­ni­ca­tion. Ces décou­vertes seraient restées dans leur coin et on se “télé­phon­erait” avec des bouts de bois, au mieux.
La force de notre espèce est notre capac­ité à dévelop­per des com­mu­nautés, à com­mu­ni­quer et à ain­si mieux se pré­mu­nir des dan­gers extérieurs. Et la nature est bien faite : pour que tout fonc­tionne, elle nous mène avec des carottes. Pour toute action ini­tiée allant dans le sens de la préser­va­tion de l’espèce, elle nous offre une dose de bon­heur.

Comment ces hormones nous rendent heureux

Ces qua­tre hor­mones n’ont pas toutes le même rôle et n’interviennent pas toutes dans les mêmes sit­u­a­tions. Cer­taines ne néces­si­tent aucune inter­ven­tion extérieure pour être sécrétées, alors que d’autres sont intrin­sèque­ment liées à nos inter­ac­tions sociales.

Les mousquetaires qui la jouent solo

Deux hor­mones per­me­t­tent de ressen­tir du bien-être en étant seul. Elles nous guident en tant qu’indi­vidu, nous inci­tent à aller de l’avant. Indis­pens­ables, sans elles nos ancêtres seraient morts de faim. Mais elles ne per­me­t­tent pas de dévelop­per des sen­ti­ments indis­pens­ables à notre bon­heur tels que la con­fi­ance ou l’amour.

L’Endorphine : hormone de l’euphorie

L’endorphine* a un rôle majeur dans notre corps  : réduire la sen­sa­tion de douleur en se fix­ant sur des récep­teurs spé­ci­fiques qui blo­quent la trans­mis­sion des sig­naux douloureux. Cette hor­mone est un équiv­a­lent biologique de la mor­phine, notre opi­um biologique. Et elle est bien con­nue des sportifs. Durant un effort très poussé, on ressent de l’euphorie. Cela explique pourquoi cer­tains d’entre nous devi­en­nent accros au sport et poussent leurs entraine­ments tou­jours plus loin.

Dans le cas de John, courant après un tau­reau préhis­torique, cette hor­mone per­met de mas­quer la douleur physique d’une course trop longue der­rière sa proie. Ain­si, même s’il est fatigué ou blessé, le chas­seur ressent du plaisir à courir, à chas­s­er. John risque moins de revenir bre­douille. C’est bon pour sa survie !

Un seul prob­lème avec cette dose de plaisir : 30 min­utes après la fin de l’effort, le cerveau ne sécrète plus d’endorphine et le plaisir laisse place à toutes les souf­frances que l’on s’est infligé en meur­tris­sant notre corps (blessures, meu­tris­sures, con­tu­sions…). Vous prenez du plaisir à rire n’est ce pas ? Enfin… jusqu’à un cer­tain point. N’avez-vous jamais dit à quelqu’un “arrête arrête, ça fait mal” lorsque vous étiez pris d’un fou-rire ? Lorsqu’on rit, le cerveau libère de l’endorphine afin de mas­quer la douleur des con­vul­sions physiques, et on aime ça. Mais au bout d’un moment les réserves d’endorphine s’épuisent et le rire devient douloureux.

La Dopamine : hormone de la victoire

C’est l’hormone qu’on libère lorsqu’on accom­plit quelque chose que l’on veut, lorsqu’on atteint un but. Lorsqu’on ressent la sat­is­fac­tion d’avoir atteint un objec­tif : dopamine. On raye une ligne de notre “to do list” et on aime ça : dopamine. On trou­ve un objet qu’on cher­chait : dopamine. Un ten­nis­man qui rem­porte un point : dopamine, etc.

John, comme nous tous, sécrète de la dopamine lorsqu’il atteint ses objec­tifs, mais aus­si quand il les visu­alise. S’il attendait d’avoir faim pour aller à la chas­se, il mour­rait sans doute de faim avant de trou­ver de quoi se nour­rir. La dopamine per­met à John de se bouger les fess­es avant que son ven­tre grouille. Il marche des heures sans voir la moin­dre proie. D’un seul coup, il voit au loin un trou­peau de lap­ins géants car­ni­vores : shot de dopamine. Il s’approche, les sent tout près : shot de dopamine. Il en traque un et le tue. John a atteint son objec­tif : méga-shot de dopamine, il ressent une immense joie. Si John veut sur­vivre, il doit manger, s’il veut manger, il doit chas­s­er. La dopamine nous per­met d’être sûrs d’atteindre ce qu’on doit faire. Elle aide John à rester motivé en visu­al­isant son objec­tif avant de l’atteindre. C’est bon pour sa survie !

Comme nos ancêtres à la chas­se, nous sommes des ani­maux portés prin­ci­pale­ment sur le visuel. Il nous faut “le voir pour le croire”. Nous avons besoin de visu­alis­er nos objec­tifs et les pro­grès qui restent à faire pour les réalis­er. C’est pourquoi il est tou­jours préférable d’écrire nos “listes de trucs à faire” de manière détail­lée.

Mais il y a un mais : la dopamine est très volatile. Elle nous per­met d’être focal­isé unique­ment à très court terme sur un objec­tif à attein­dre, lais­sant tomber tout le reste pour y arriv­er. La grat­i­fi­ca­tion est immé­di­ate, et elle est exces­sive­ment addic­tive ! C’est le plaisir que l’on ressent quand on est accro au tra­vail (atteinte d’objectifs à tout prix). Ça va même beau­coup plus loin : c’est l’hormone après laque­lle courent les accros au shop­ping, au jeu, à la nico­tine, les alcooliques, les drogués ! Puisqu’elle est volatile, on en veut très très très sou­vent. Et comme nous sommes visuels, la vue d’une de ces addic­tions nous envoie un pre­mier petit shot de dopamine. Le fumeur prend du plaisir à ouvrir son paquet de clopes, à en sen­tir une entre ses doigts, avant même que la nico­tine inhalée ne libère une grosse dose de dopamine. Com­bi­en d’accros sac­ri­fient leurs économies, leurs rela­tions, leur vie, pour une bouf­fée de dopamine ?

Vous ne buvez pas, vous ne fumez pas. Vous pensez être totale­ment libre de toute addic­tion ? Minute.

  • Vous regardez vos noti­fi­ca­tions sur votre smart­phone avant même de dire bon­jour à votre moitié ?
  • Vous vous baladez d’une pièce à l’autre de votre habi­ta­tion en ten­ant votre télé­phone dans votre main ?
  • Vous recevez un mes­sage alors que vous êtes au volant. Vous ne pou­vez pas vous empêch­er de regarder votre télé­phone, voire de répon­dre au mes­sage de tata Simone, alors que vous arrivez dans 10 min­utes ?

Aïe, vous êtes dépen­dant à votre smart­phone et/ou aux médias soci­aux. Cha­cun des mes­sages reçus, des “tilt”, des “dring” vous offre votre shot de dopamine comme pren­dre sa dose l’offre à un drogué. Et vous ne pou­vez pas vous empêch­er d’actualiser l’affichage régulière­ment… Vous en rede­man­dez !

Les mousquetaires qui la jouent altruistes

Du temps de John, en dehors des com­mu­nautés, les dan­gers étaient partout (autres tribus, ani­maux sauvages, risques naturels…). Imag­inez l’énergie que cha­cun devrait dépen­sé si on ne se sen­tait en sécu­rité nulle part. Toute cette énergie ne pour­rait pas être util­isée à des fins de développe­ment.

En étant ensem­ble, on fait mieux face au dan­ger et on accom­plit plus de choses. La nature l’a bien com­pris et nous a doté d’autres hor­mones, altru­istes, asso­ciant vie en com­mu­nauté et sen­sa­tion de bon­heur.  Séro­to­nine et ocy­tocine font que nous sommes, nous autres humains, des êtres soci­aux avancés. Elles nous per­me­t­tent de nous sen­tir épanouis en société, de créer des ami­tiés, de ressen­tir de l’amour, de nous sen­tir bien entourés.

La Sérotonine : hormone de la réussite sociale

C’est l’hormone qui nous fait nous ren­dre fier, celle qui fait que notre statut social est si impor­tant à nos yeux. Nous avons tous besoin de la recon­nais­sance de notre com­mu­nauté. C’est pour ça que l’être humain a inven­té les “Oscars”, “Vic­toires de la Musique”, et autres remis­es de prix. Les céré­monies de remise de diplômes aus­si (pensez-y, on pour­rait très bien les recevoir en pièce jointe d’un email). Sans célébra­tions sociales, pas de libéra­tion de séro­to­nine dans nos corps.

L’heure de la tournée générale

La force de cette hor­mone, c’est que quand on reçoit une dose de séro­to­nine, nos proches en reçoivent une aus­si. Vous recevez le prix d’interprétation pour votre dernier rôle ? Vos par­ents dans la salle sont aus­si fiers que vous. Tournée générale de séro­to­nine. C’est pourquoi on se sent fiers quand on voit ceux de notre com­mu­nauté réus­sir. Ça va bien au-delà de notre sim­ple famille, ça con­cerne toute la com­mu­nauté à laque­lle on s’identifie. Pensez un peu à l’euphorie des sup­port­ers de foot lorsque leur équipe gagne un trophée. Quand on reçoit un prix, on remer­cie nos proches : “Je n’aurais jamais pu faire ça sans mes par­ents, mes amis…”. On est heureux parce qu’on a ren­du fiers les mem­bres de notre com­mu­nauté. On se sent en con­fi­ance, on se sent forts, et on peut se tourn­er vers les autres pour les aider à faire aus­si bien. C’est ce que la séro­to­nine tente de faire : ren­forcer les liens entre mem­bres d’une même com­mu­nauté, parce qu’ensem­ble on est plus forts !

Une société hiérarchisée pour mieux fonctionner

John le sportif, le leader, a un frère : Tim. Tim est l’artiste de la famille, le roi des pein­tures rupestres, le Michelan­ge­lo des cav­ernes. A l’heure du dîn­er, sans séro­to­nine, tout le monde se jet­terait sur la nour­ri­t­ure. Pre­mier arrivé, pre­mier servi. John le balèze tabasserait tout le monde, mangerait en pre­mier, et Tim rongerait les os. Je pari­erais gros que si durant le tour de garde de Tim un dan­ger survient, il y a peu de chance qu’il aver­tisse son tabasseur de frère. Mau­vais pour la cohé­sion, mau­vais pour affron­ter le dan­ger ensem­ble et être plus forts. Mau­vais pour la com­mu­nauté.
C’est pourquoi nous avons évolué, au même titre que d’autres ani­maux vivant en com­mu­nauté, vers une société hiérar­chique. Ce que fait la séro­to­nine, c’est dévelop­per le rap­port dom­i­nant-dom­iné : déter­mi­na­tion du statut social. Le dom­iné laisse le dom­i­nant manger en pre­mier et évite ain­si de se faire tabass­er. En retour, le dom­i­nant, plus fort et mieux nour­ri, défendra la com­mu­nauté lorsqu’un dan­ger survien­dra. C’est bon pour la com­mu­nauté !

Pour le bien de notre espèce, nous ne serons jamais égaux. Il y aura tou­jours des dom­i­nants et des dom­inés. Nous pas­sons notre temps à nous éval­uer les uns les autres. Ce qu’on se demande, au fond, c’est “Qui est le dom­i­nant ?”. Si vous êtes nerveux en ren­con­trant quelqu’un, vous n’êtes pas le dom­i­nant, tout sim­ple­ment. Le prob­lème, c’est que dans notre société matéri­al­iste, on peut tromper nos émet­teurs de séro­to­nine. On se sent fiers, en con­fi­ance, quand on est au volant d’une belle sportive, quand on a une paire de chaus­sures de mar­que, quand on reçoit des likes sur notre nou­velle pho­to de pro­fil Face­book. On accu­mule des acces­soires qui aug­mentent notre statut social mais on ne se sent jamais accom­plis parce que cela ne vient pas de l’établissement d’une rela­tion de con­fi­ance.

Pas le droit de décevoir

L’autre lim­ite de la séro­to­nine, c’est qu’être dom­i­nant est agréable, ça booste notre con­fi­ance en nous, mais ça a un coût. On est tous d’accord avec le fait de vivre dans une société hiérar­chique, mais le groupe qui vous offre le statut de dom­i­nant n’est pas stu­pide. Il attend de vous que vous le défendiez du dan­ger lorsqu’il advien­dra. Si vous êtes un man­ag­er et que vous ne défend­ez pas les intérêts de votre équipe, elle ne vous con­sid­ér­era plus.

Van­dana Shi­va est le vis­age de la lutte alter­mon­di­al­iste con­tre le poids des multi­na­tionales. Elle oeu­vre pour la préser­va­tion de la planète, de la paysan­ner­ie et pour l’accès à l’eau potable général­isé. Si vous apprenez qu’elle va recevoir 1.000.000 €, cela ne vous pose sans doute pas beau­coup de prob­lèmes. Si je vous dis que ce mil­lion d’euros va finale­ment agré­menter le compte d’un ban­quier qui a sac­ri­fié ses employés pour s’enrichir per­son­nelle­ment, que me répon­dez-vous ?

Nous n’avons pas de prob­lème avec les dom­i­nants, nous avons un prob­lème avec ceux qui s’engraissent sur notre dos et ne nous défend­ent pas le moment venu. Nous nous sac­ri­fions pour eux, nous leur offrons d’être plus forts et plus con­fi­ants que quiconque, ils n’ont pas le droit de nous décevoir. Je ne par­lerai pas ici de nos hommes poli­tiques, mais vous avez com­pris le principe.

Vous voulez votre dose de séro­to­nine ? Assumez votre statut et met­tez vous au ser­vice des autres. S’ils se sen­tent en sécu­rité grâce à vous, ils pour­ront égale­ment se tourn­er vers ceux qu’ils domi­nent et les faire se sen­tir en sécu­rité, et ain­si de suite. C’est la clé d’un bon­heur com­mu­nau­taire.

L’Ocytocine : hormone du lien social

Une boussole sociale

L’ocy­tocine, ma préférée, vous vous en doutez. Et c’est sans doute égale­ment la vôtre. Elle est à l’origine des sen­ti­ments d’amour, de con­fi­ance, d’ami­tié. Quoi de plus impor­tant dans votre vie ? La rai­son pour laque­lle on aime pass­er du temps avec nos proches, même si on ne fait rien de par­ti­c­uli­er, c’est qu’en leur présence on libère de l’ocytocine. Avec eux, on se sent bien, on se sent en sécu­rité. Sans ocy­tocine, pas de générosité, pas d’empathie, pas de con­fi­ance. Sans elle, vous n’aimeriez même pas vos enfants ! C’est elle qui nous dit à qui nous fier sans risque et de qui nous méfi­er.

Aimer, c’est don­ner à quelqu’un le pou­voir de nous détru­ire avec la cer­ti­tude qu’il ne s’en servi­ra pas (Auteur incon­nu)

On sécrète de l’ocytocine quand on a un rap­port ten­dre avec quelqu’un d’autre. C’est pour ça qu’un regard bien­veil­lant, un sourire sincère, une con­ver­sa­tion agréable, un câlin, un plaisir partagé sont de si forts vecteurs de bon­heur. Sou­venez vous de la mode des “free hugs” dans les rues : grosse dis­tri­b­u­tion d’ocytocine ! C’est aus­si pour ça qu’une poignée de main compte. Sans ce con­tact, on ne se sent pas en sécu­rité. Imag­inez quelqu’un qui refuse votre main ten­due, que ressen­tiriez-vous ? Pas de con­tact, pas d’ocytocine, pas de con­fi­ance.

Mais le meilleur moyen de sécréter de l’ocy­tocine à tout moment, c’est sim­ple­ment d’être généreux. C’est pour ça qu’on se sent bien quand on aide quelqu’un sans rien atten­dre en retour. Bête comme chou.
Si on donne de son temps et de son énergie, on reçoit une dose d’ocy­tocine. Ca marche beau­coup moins bien avec le don d’argent. Le temps est une valeur uni­verselle, l’argent se renou­velle. Si je vous dis que j’ai don­né 1000€ aux Restos du Coeur, vous me dites “bra­vo, c’est bien pour toi”, mais si je gagne 20.000€ par mois ça m’engage peu. Si par con­tre je vous dit que j’ai passé mon week­end à dis­tribuer des repas plutôt que de pren­dre ce temps pour moi ? Même si ça ne vaut pas 1000€, don­ner de son temps est plus val­orisé que de don­ner de l’argent : plus grosse dose de bon­heur. L’empathie et la générosité sont la clé du bon­heur durable.

La force de l’ocytocine, c’est que si celui qui offre un acte de générosité a sa dose de bon­heur, celui qui reçoit cet acte a droit à son shot égale­ment. Et même les spec­ta­teurs de cet acte de générosité se sen­tent heureux. La sécré­tion d’ocytocine est extrême­ment com­mu­nica­tive.

A la préhis­toire, l’un des pre­miers fonde­ments du lien social était la capac­ité d’entrer en con­tact avec les autres et de leur faire con­fi­ance, de coopér­er pour mieux vivre. Le rôle de l’ocytocine est d’offrir à John la capac­ité d’interagir et de se sen­tir en con­fi­ance avec ceux qui l’entourent. C’est bon pour la com­mu­nauté !

 

Les bienfaits de l’ocytocine

Les bien­faits de cette hor­mone sont incroy­ables. Comme si mère nature avait com­pris qu’un lien social fort était la chose la plus impor­tante pour l’espèce humaine. Une dose d’ocytocine :

  • coupe les effets de la dopamine, et donc les addic­tions. Chez les Alcooliques Anonymes (AA), la dernière des 12 étapes pour se sevr­er défini­tive­ment con­siste à aider un nou­v­el AA à s’en sor­tir. Ceux qui s’investissent sans compter dans cette tâche s’en sor­tent très majori­taire­ment, les autres rep­lon­gent. Cet acte de générosité libère une telle quan­tité d’ocytocine qu’il inhibe totale­ment leurs récep­teurs de dopamine.
  • dope le sys­tème immu­ni­taire et per­met de vivre en meilleure san­té. C’est pour ça que les cou­ples qui vivent heureux vivent vieux !
  • a un effet anx­i­oli­tique et réduit forte­ment le stress, l’agressivité, l’anxiété. Pensez au bien que vous fait un câlin lorsque vous êtes angois­sés. On ressent du calme et de la sécu­rité.
  • aug­mente notre capac­ité à résoudre des prob­lèmes, à aller de l’avant, à être créatif.
  • nous per­met de plus nous ouvrir et faire con­fi­ance aux autres, coopér­er.
  • exerce un effet durable (con­traire­ment à la dopamine). Au plus on passe de temps avec une per­son­ne, et au plus on crée un lien pro­fond. C’est pour ça que la con­struc­tion d’une véri­ta­ble rela­tion de con­fi­ance prend néces­saire­ment du temps.
  • nous engage dans un cer­cle vertueux. Au plus on est généreux, au plus on est heureux, au plus on est généreux, etc. Et ce n’est pas addic­tif !

Vous voulez être plus heureux et en meilleure san­té ? Je ne vous le dirai jamais assez : com­mu­niquez, soyez généreux, soyez empathiques, prenez du temps pour les autres. C’est la meilleure manière de vivre mieux, et c’est tout le sens de ce blog !

Cortisol : l’hormone du stress

Le cor­ti­sol est aux hor­mones du bon­heur ce que le Car­di­nal de Riche­lieu est aux mous­que­taires. Généra­trice de stress, d’anx­iété, de peur, de para­noïa, cette hor­mone est très utile pour nous aider à faire face au dan­ger.

En 40.000 avant JC, John, Bertha, Tim et le reste de la clique se promè­nent dans les hautes herbes. D’un seul coup, Tim entend un bruit sus­pect qui ressem­ble au grogne­ment d’un fauve. Shot de cor­ti­sol. Il se tend, tous les sens en alerte. Son cerveau lui délivre une bonne dose de glu­cose dans ses mus­cles, aug­mente son rythme car­diaque. Il est prêt à se bat­tre ou à fuir. Les autres ressen­tent que Tim est nerveux. Immé­di­ate­ment, comme les antilopes d’une émis­sion de France 5, toute la famille réag­it immé­di­ate­ment de la même manière. Tout le groupe est en alerte face au dan­ger. Si finale­ment le bruit s’avère être une fausse alerte, tout le monde souf­fle un bon coup, évac­ue le cor­ti­sol, et retrou­ve un rythme car­diaque nor­mal. 

Le cor­ti­sol a besoin d’énergie pour met­tre en action tous nos mécan­ismes de défense. Pour cela, il bloque tous les mécan­ismes qui ne sont pas néces­saires à une survie immé­di­ate :

  • La crois­sance et le renou­velle­ment (ongles, peau, cheveux chez l’adulte, mais aus­si squelette chez l’enfant).
  • Le sys­tème immu­ni­taire (baisse des cel­lules tueuses, les fameux lym­pho­cytes T aux­il­i­aires — sou­venez vous du dessin ani­mé “Il était une fois la vie”).
  • La diges­tion et l’assimilation des com­posants tels que le cal­ci­um.
  • Les ressources intel­lectuelles com­plex­es.
  • La mémoire.
  • Les inter­ac­tions des con­nex­ions neu­ronales.
  • La sécré­tion d’hormones telles que l’ocy­tocine.

L’effet de cette hor­mone est de l’ordre de 30 min­utes. Après, tout revient dans l’ordre. Mais dans un envi­ron­nement per­son­nel ou pro­fes­sion­nel stres­sant et peu sécurisant, cette hor­mone est dif­fusée à longueur de journée. Que le dan­ger soit réel ou imag­i­naire, fort ou faible, le corps ne réag­it pas de manière rationnelle et délivre la même dose de cor­ti­sol : notre stress est bien réel. On devient moins empathique, moins généreux. Evidem­ment, on n’en a plus rien à faire des autres quand on est occupés à sauver notre pro­pre peau, ça se tient. Et rap­pelons nous que notre stress est com­mu­ni­catif, on alerte la com­mu­nauté du dan­ger pos­si­ble. Ain­si, des col­lègues stressés font d’autres col­lègues stressés, des par­ents stressés le com­mu­niquent à leurs enfants. Une délivrance con­stante de cor­ti­sol trou­ble votre mémoire, votre appétit, votre libido, aug­mente vos stocks de graisse du fait de la délivrance d’un excès de glu­cose non util­isé… Imag­inez les con­séquences sur votre organ­isme et sur celui de vos proches !

Le cor­ti­sol est vrai­ment “l’anti hor­mone du bon­heur”, et la ges­tion d’un stress quo­ti­di­en est la pire enne­mie de votre épanouisse­ment per­son­nel et de votre san­té.

 

***************

 

Main­tenant que vous savez quels sont les enjeux d’une bonne com­mu­ni­ca­tion et de bonnes inter­ac­tions sociales pour votre épanouisse­ment per­son­nel, gardez à l’esprit ces 5 critères :

  • Développez votre socia­bil­ité : la générosité et la com­mu­ni­ca­tion sont les moyens les plus effi­caces de dévelop­per à votre épanouisse­ment per­son­nel.
  • Inter­agis­sez avec votre com­mu­nauté : le fait de vivre au sein d’une com­mu­nauté saine et digne de con­fi­ance est prop­ice à votre bon­heur et à la qual­ité de votre san­té.
  • Estimez vos réus­sites à leur juste valeur : en prenant le temps de vous féliciter de ce que vous avez accom­pli aujourd’hui, vous aug­mentez votre cap­i­tal con­fi­ance.
  • Faites du sport, don­nez vous des objec­tifs quo­ti­di­ens : les effets posi­tifs du sport ou de l’atteinte d’objectifs sont un bon com­plé­ment. Cepen­dant, la courte durée de ces effets et le risque d’addiction en font plutôt des leviers de bien-être à court terme, allié de choix du bon­heur durable.
  • Fuyez les envi­ron­nements stres­sants : le stress coupe les effets des hor­mones du bon­heur et est un ter­rain fer­tile aux carences immu­ni­taires.

Evidem­ment, agir unique­ment de manière égoïste nuit à notre com­mu­nauté et tou­jours agir de manière altru­iste peut nous nuire. Il n’est pas tou­jours facile de pren­dre un déci­sion. Qui doit pass­er en pre­mier : moi ou ma com­mu­nauté ?
Néan­moins, si vous con­sid­érez quo­ti­di­en­nement ces 5 points, vous vous sen­tirez rapi­de­ment plus sere­ins, plus opti­mistes, plus empathiques et plus à même d’aller vers les autres. C’est le pre­mier pas vers plus de bon­heur.

Et n’oubliez pas que nous sommes avant tout visuels :

  • Ecrivez quelques actions quo­ti­di­ennes que vous souhaitez met­tre en place pour favoris­er la sécré­tion d’hormones du bon­heur et éviter les sit­u­a­tions stres­santes à long terme.
  • Met­tez cette liste en évi­dence sur votre fri­go ou sous le miroir de votre salle de bains. Cela vous per­me­t­tra de régulière­ment vous les rap­pel­er et d’en faire, à terme, des automa­tismes.

 

N’hésitez pas à me laiss­er en com­men­taire vos listes d’actions et vos réflex­ions. Je suis cer­tain que vous me don­nerez plein de nou­velles idées.


Cet arti­cle s’est large­ment inspiré des chapitres 5, 6 et 7 de l’excellent livre “Pourquoi les vrais lead­ers se ser­vent en dernier” de Simon Sinek. Je vous pro­poserai prochaine­ment une chronique lit­téraire sur cet ouvrage.

* Il faudrait plutôt dire “les endor­phines” car il en existe plusieurs types, mais sim­pli­fions.

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