Apprenez à identifier et à comprendre les 6 attitudes d’écoute de Porter

Apprenez à identifier et à comprendre les 6 attitudes d’écoute de Porter

2 juillet 2018 0 Par Mehdi

Il arrive, lorsque nous par­lons, de ne pas nous sen­tir écoutés ou com­pris. Cela peut venir de notre dif­fi­culté à nous exprimer claire­ment, mais c’est aus­si un prob­lème d’écoute de la part de notre audi­toire. L’écoute est l’un des principes pri­mor­diaux d’une bonne com­mu­ni­ca­tion, et il existe des manières de bien écouter. Le psy­cho­logue Elias Hull Porter, col­lab­o­ra­teur de Carl Rogers (le papa de l’écoute active), a iden­ti­fié six états d’écoute que nous pou­vons avoir lorsque nous dis­cu­tons avec quelqu’un. On les appelle les six atti­tudes de Porter. Notre fréquence d’utilisation de ces phas­es d’écoute dépend de cha­cun d’entre nous, de notre inter­locu­teur et de la sit­u­a­tion.

En lisant cet arti­cle, vous serez capa­bles d’identifier ces pos­tures d’écoute et de savoir quand les utilis­er.  Vous com­pren­drez pourquoi par­fois, mal­gré toutes vos (appar­entes) bonnes volon­tés, vous n’arrivez pas à vous faire enten­dre cor­recte­ment ou à saisir ce que veut dire votre inter­locu­teur.

Liste des 6 attitudes de Porter

L’écoute jugement

Quand on éval­ue ou on porte un juge­ment sur ce qui nous est dit. On se posi­tionne comme juges de ce que nous enten­dons. C’est la posi­tion que l’on prend lorsqu’on est dans la cri­tique, qu’elle soit pos­i­tive ou néga­tive. Cette atti­tude déclenche automa­tique­ment un rap­port de pou­voir entre le juge et le jugé. Qu’on aille dans son sens ou qu’on le dés­ap­prou­ve, on posi­tionne le pro­pos notre inter­locu­teur de manière binaire.

Exemples

C’est nul”, “c’est bien”, “je pense que…”, “à mon avis…”, “tu as rai­son”, “tu as tort”.

Effets positifs

Cette atti­tude, lorsqu’elle est util­isée avec justesse dans un con­texte légitime et sécurisant, per­met de rat­tach­er les pro­pos d’une per­son­ne à une norme et d’ainsi les éval­uer pour lui per­me­t­tre de les amélior­er. Elle peut alors provo­quer une envie d’aller plus loin, de se sur­pass­er.

Effets négatifs

Cette atti­tude à ten­dance à rabaiss­er la per­son­ne ou, dans le cadre d’une atti­tude répétée, à la con­di­tion­ner à un sys­tème de soumis­sion. Elle peut génér­er une sen­ti­ment d’infériorité, de défi­ance, d’agressivité, ou un besoin de se jus­ti­fi­er.

L’écoute interprétative

Quand on inter­prète les pro­pos de la per­son­ne en face de nous en fonc­tion de notre référen­tiel pro­pre con­sti­tué de nos croy­ances et de nos valeurs. Nous lui expliquons les raisons de son com­porte­ment en nous appuyant sur notre reg­istre de con­nais­sances. On can­tonne les dires de notre inter­locu­teur aux faits, sans tenir compte de son référen­tiel.

Exemples

Il est prob­a­ble­ment dû à…”, “c’est à cause de…”, “si tu dis ça, c’est parce que…”, “je sais pourquoi tu m’expliques ça…”, “En réal­ité, je sais que…”

Effets positifs

Si l’intervention est oppor­tune, accep­tée, elle peut don­ner le sen­ti­ment d’être bien com­pris. Elle aide le locu­teur à aller de l’avant face à ses prob­lèmes.

Effets négatifs

Si l’attitude n’est pas accep­tée par la per­son­ne qui nous par­le, même si elle est juste, elle peut engen­dr­er une réac­tion de rejet, d’agressivité ou le sen­ti­ment d’être incom­pris. Il en va de même si l’interprétation est fausse.

L’écoute soutien

Quand on se met dans la peau d’un con­seiller. On endosse le rôle de tuteur, de pro­tecteur. En sou­tenant l’interlocuteur, on cherche à le ras­sur­er, à apais­er ses peines, à dis­siper ses doutes.

Exemples

Inutile de t’inquiéter, je vais t’aider…”, “ce n’est pas grave…”, “si j’étais toi…”, “à ta place…”

Effets positifs

Le sup­port affec­tif peut sécuris­er n

otre inter­locu­teur et favoris­er sa reprise de con­fi­ance en lui. L’interlocuteur se sent soutenu dans la dif­fi­culté. C’est égale­ment un moyen de remet­tre les choses dans leur con­texte en cas de drama­ti­sa­tion exces­sive.

Effets négatifs

D’un autre côté, cette atti­tude prend sou­vent la forme d’un désir de per­suad­er l’autre que son prob­lème n’est pas aus­si sérieux qu’il le pense, ou à l’inverse qu’on éprou­ve ce qu’il ressent. Ceci peut génér­er un sen­ti­ment d’incom­préhen­sion, ou au con­traire de dépen­dance et de dére­spon­s­abil­i­sa­tion.

L’écoute autoritaire

Dans cette sit­u­a­tion, on incite l’interlocuteur, de manière plus ou moins ferme, à faire ce qu’on veut, ou ce qu’on pense être le mieux pour lui. Cette atti­tude se base sur la façon qu’a l’auditeur de voir les choses et peut, dans le cas extrême, pren­dre la forme d’un ordre ou d’une con­signe.

Exemples

Il n’a qu’à”, “il faut que…”, “fais comme ça”, “tu dois…”, “j’insiste sur le fait que tu devrais…”

Effets positifs

Cette atti­tude peut dimin­uer l’anxiété et aug­menter le sen­ti­ment de sécu­rité de notre inter­locu­teur, tout en lui ramenant les pieds sur terre.

Effets négatifs

Cette atti­tude ne favorise pas la respon­s­abil­i­sa­tion et le besoin d’autonomie. Si l’ordre est mal perçu, il y a un risque d’oppo­si­tion, et un sen­ti­ment de rap­port de dom­i­na­tion. L’interlocuteur peut avoir l’impression que sa parole ne compte pas.

L’écoute enquête

Cette atti­tude se man­i­feste par un échange intrusif avec notre inter­locu­teur. Nous l’imposons lorsque l’on ne cesse de pos­er des ques­tions qui ne ser­vent qu’à pré­cis­er nos points d’intérêt. On cherche à obtenir des infor­ma­tions sup­plé­men­taires, à appro­fondir le prob­lème posé en posant des ques­tions por­tant sur les faits, les sen­ti­ments, les opin­ions.

Exemple

Les ques­tions QQQOCP : “Quoi… ?”, “qui… ?”, “quand… ?”, “où… ?”, “com­ment… ?”, “pourquoi… ?”

Effets positifs

Cette atti­tude per­met d’avoir un max­i­mum d’informations sur la prob­lé­ma­tique liée à la dis­cus­sion. Lorsqu’elle est util­isée dis­crète­ment et avec dis­cerne­ment, elle peut aider l’interlocuteur à explor­er son prob­lème.

Effets négatifs

Si les ques­tions sont inces­santes et/ou ori­en­tées, la dis­cus­sion peut pren­dre une forme inter­rog­a­tive oppres­sante et réveiller un sen­ti­ment de méfi­ance ou de rejet vio­lent chez notre inter­locu­teur.

L’écoute active

Lorsqu’on pra­tique l’écoute active, on recherche à se met­tre à la place de l’autre, à com­pren­dre son point de vue, ses sen­ti­ments. La manière la plus sim­ple d’agir de la sorte est d’accepter l’état de notre inter­locu­teur, et de refor­muler sans juge­ment ni charge émo­tion­nelle ce qu’il vient de nous dire. On s’assure ain­si d’avoir bien inter­prété ses dires, facil­i­tant ain­si sa prise de con­science, et on lui donne le sen­ti­ment d’être com­pris. C’est l’attitude la plus empathique des six.

Exemples

D’après toi,…”, “je vois que…”, “tu dis que tu ressens de la peine…”, “d’après toi…”, “si j’ai bien inté­gré ce que vous dites”, “vous ressen­tez … c’est bien ça?”, “d’après vous”

Effets positifs

L’utilisation de cette atti­tude ren­voie sou­vent à notre inter­locu­teur le sen­ti­ment d’un audi­teur objec­tif qui l’a com­pris et que sa vision des choses est respec­tée. Cela peut l’aider à dévelop­per sa con­fi­ance en lui, son autonomie, sa lib­erté d’expression. Lors d’une prob­lé­ma­tique néga­tive, cette atti­tude favorise la clar­i­fi­ca­tion des émo­tions et l’élu­ci­da­tion des prob­lèmes.

Effets négatifs

Cette atti­tude invite sou­vent plus à l’intro­spec­tion qu’à l’action. Elle n’est donc pas util­is­able avec tous les inter­locu­teurs car elle leur demande d’avoir cer­taines capac­ités cog­ni­tives. Sans envi­ron­nement sécurisant et recon­nais­sant, elle peut être mal com­prise, mal­adroite, et provo­quer un sen­ti­ment de rejet face à ce qui pour­rait être vu comme de la manip­u­la­tion men­tale.

Interprétations des croyances autour des 6 attitudes

Vous l’avez com­pris, savoir bien écouter n’est pas don­ner à tout le monde. L’écoute con­sciente et bien­veil­lante est loin d’être un don inné. Elle s’apprend, se tra­vaille et se pra­tique. Pour beau­coup, les cinq pre­mières atti­tudes de Porter sont “néga­tives”, et seule l’écoute active pré­vaut. Je ne partage pas ce point de vue. Selon moi, chaque mode de com­mu­ni­ca­tion a son impor­tance dans un con­texte don­né (médi­cal, mil­i­taire, édu­catif, amoureux, ami­cal…). Qui plus est, il faut garder à l’esprit que la manière dont nous com­mu­niquons par le biais de ces six atti­tudes pro­duit inévitable­ment des effets, posi­tifs ou négat­ifs, sur nos inter­locu­teurs. Enfin, cette théorie n’est pas linéaire, et le plus sou­vent nous super­posons plusieurs atti­tudes, con­sciem­ment ou non, afin de nous adapter à la sit­u­a­tion d’écoute que nous vivons.

 

Ce qu’il faut retenir de ce bil­let est que les atti­tudes, lorsque com­pris­es et util­isées à bon escient, peu­vent être un for­mi­da­ble levi­er pour une com­mu­ni­ca­tion saine et con­struc­tive avec vos enfants, vos amis ou vos col­lègues.

Pour con­clure, l’idée du courant de pen­sée psy­chologique porté par E.H. Porter, C. Rogers et leurs col­lègues est qu’une com­mu­ni­ca­tion à la fois bien­veil­lante et effi­cace passe néces­saire­ment par une écoute cen­trée sur notre inter­locu­teur et sa per­son­nal­ité plutôt que sur nos intérêts.

 

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